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La bulle de l'animation japonaise aurait-elle explosé ?

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Écrit par AnimeWatcher | Mercredi 06 Mai 2009 à 11h17 dans Business - Résultats et annonces

Dans une entrevue avec le journal Asahi Shimbun, le directeur exécutif de l'Association de l'Animation Japonaise (日本動画協会) Yasuo YAMAGUCHI (山口康男) a commenté la situation actuelle du marché de l'animation, entré en récession depuis quelques années, le qualifiant d'une « bulle ayant explosé ».

Voilà bientôt 3 ans que l'industrie de l'animation japonaise doit faire face à une récession, un changement de cap après 6 années de croissance euphorique ayant vu le développement de cette influence culturelle à travers le monde allant jusqu'à pousser le gouvernement de Tarō ASÔ (麻生太郎) à créer une politique de dynamisation du secteur d'ici 2020.

Après une orgie de programmes télévisées à base d'animation, la tendance s'est inversée. Si en l'an 2000, 124 anime avaient vu le jour à la télévision nipponne progressant jusqu'au record historique de 306 en 2006, c'est aujourd'hui sur une pente descendante que nous nous trouvons avec 288 programmes l'an passé. Si l'on ne considère que la rentrée d'avril, 30 anime étaient programmés cette année soit moitié moins qu'en 2006.

La Japan Video Software Association (JVA ; nihon eizou soft kyoukai, 日本映像ソフト協会) indique que les ventes de DVD - et désormais BRD - sur le marché local s'étaient élevées jusqu'à 97,1 milliards de yens entamant une chute progressive l'année suivante(1) avec 95 milliards de yens puis 89,4 milliards et enfin, l'année dernière, 77,9 milliards.

Le JETRO (Japan External Trade Organization) n'était guère plus encourageant en décrivant la situation du marché nord-américain ayant atteint les 4,84 milliards de dollars en 2003 - incluant les produits dérivés - avant de sombrer à 2,829 milliards de dollars.

Yasuo YAMAGUCHI (山口康男), directeur exécutif de l'Association de l'Animation Japonaise (日本動画協会) impute ainsi l'explosion de cette  « bulle » au déclin de la natalité et à la récession économique précisant que l'industrie devrait faire face à ses surplus afin de se restructurer pour subsister. De son côté, le directeur de la division animation chez TV Tokyo (テレビ東京), Yukio KAWASAKI (川崎由紀夫), annonçait la volonté du groupe d'élaborer un nouveau business model auquel les fans du monde entier contribueraient. En effet, le JETRO invoquait comme raison de cette tendance récessionniste la diffusion illégale des œuvres via Internet. Le groupe télévisuel s'est ainsi associé à Crunchyroll afin de proposer une diffusion payante simultanée sur le canal internet puis une diffusion gratuite la semaine suivante. Plusieurs acteurs, de la Kadokawa à Gonzo, se sont déjà lancés dans un cycle de diffusion alliant les différents canaux.

Selon les propos d'un producteur tenu anonyme par le journal Asahi, les épisodes diffusés à la télévision dans les cases nocturnes, devenues si populaire à compter de la seconde moitié des années 90, semblent plus tenir de produit d'appel de 30 minutes pour l'achat des DVD qui dégage la véritable marge nécessaire au maintien de l'activité(2). Ainsi, certaines productions ressemblent plus à un montage d'éléments populaires - du bishōjo et des mecha par exemple - en vue d'en faire un produit rentable plutôt qu'une création artistique. Désormais, des stratégies différentes voient le jour, qu'il s'agisse de cross-média vidéoludique (Druaga no To) ou manga (OAD Negima) voire d'exploitation d'œuvres populaires issues de partenaires du secteur (light novel).

Selon Yasuo YAMAGUCHI, le Japon se situe d'ores et déjà derrière la Chine en matière de quantité, le salut de l'industrie se situant sur un réel travail sur la qualité. Cela n'est pas la première fois que de telles remarques sont faites. En 2005, le JETRO tirait déjà la sonnette d'alarme sur la fuite des talents et la course à la productivité au détriment de la qualité. L'économie gagnerait à mieux former les acteurs de ce marché, y compris dans les grandes université. Mais cela suffira-t-il ? Les difficulté du marché pourraient au contraire accroître les tensions entre les différents acteurs, poussant les producteurs à réduire les coûts et les risques, laissant peu de marge de manœuvre aux studios. Quant à la notion de spécificité régionale, gageons que le fond spécial levé par le Ministère de l'économie nippon ne servent pas à forcer la distribution de produits inadaptés à l'étranger laissant la créativité aux initiatives locales.

 

Sources :
Asahi Shimbun (jp)
Anime News Network [Industry Group Head Says Anime is a Bubble that Burst / Japan to Create Fund to Boost Anime & More Overseas] (en)

 


Notes :

(1) Lire Rapport du JVA : marché de la vidéo début 2007 (27/12/07)

(2) Lire La commission japonaise du commerce équitable épingle les producteurs d'anime (22/02/09

 


Les images sont © AJA / Asahi Shinbun

 



 

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