Quatre ans plus tard, me revoilà sur mon Topic à moi, alors qu'un miracle s'est accompli : lassé d'attendre un portage Switch 2 dont on n'a pourtant cessé de m'assurer qu'il finirait bien par arriver, j'ai joué à
Visions Of Mana sur un Steam Deck, gentiment prêté pour l'occasion. C'est ce qui m'aura d'ailleurs conduit à créer mon compte Steam, à 43 ans (j'ai acheté le jeu en promo' à 23 balles, à l'occasion de l'anniversaire de la saga).
Globalement, je dois bien dire que c'est une amère déception. J'en attendais nettement plus au vu des retours critiques globalement positifs qui avaient accompagné sa sortie. Déjà, sur un plan technique - et même si je ne remercierai jamais assez la personne qui m'a permis d'y jouer enfin, en me confiant une console qui coûte désormais un bras même en occase - je ne suis jamais arrivé à faire tourner le jeu de manière avantageuse. J'ai essayé différentes configurations et ça a toujours ramé. Pire, un framerate sacrifié ne m'aura jamais permis de profiter d'un grain d'image satisfaisant, le jeu pixellisant quand les éléments se multiplient à l'écran. C'est du moins le cas en mode docké. En nomade, avec un écran ramassé, c'est forcément beaucoup plus joli, mais j'ai eu un autre (gros) problème : le jeu est illisible sur un espace aussi contraint. Je me doute bien qu'avec une presbytie naissante, je ne suis pas le candidat idéal, mais le jeu n'est clairement pas fait pour être joué en miniature. La faute (notamment) à des incrustations de textes immondes, qui m'auront fait privilégier les voix US, histoire de pouvoir comprendre ce qui se dit sans avoir à lire les dialogues à la loupe. J'y ai donc joué en mode TV et je ne doute pas que, si elle sort un jour, une version NS2 sera plus flatteuse pour la rétine. D'autant que c'est certainement la qualité première du titre : les panoramas sont splendides et le dépaysement promis est au rendez-vous. Dommage que le jeu vous tire par le bras avec insistance sans jamais vous laisser respirer : de tels environnements méritaient une exploration plus contemplative, alors que le jeu est haché par des cutscenes intempestives, littéralement toutes les trois minutes. Je pensais que le jeu ne serait bavard que dans son premier quart, histoire de poser son cadre narratif et décrire ses systèmes, mais hélas, il passe son temps à brailler, jusqu'à la toute fin. Problème dans le problème : si la narration est lourde, le scénario ne rattrape pas le coup. Je ne veux pas spoiler, mais ce que raconte le jeu m'a paru au mieux rétrograde, au pire moralement rance. Et ce que les Mana avaient jusqu'ici tendance à rendre mignon au gré d'un écrin naïf confinant au conte pour enfants, prend ici des allures de fables douteuses assénés avec la subtilité d'un tractopelle.
Grosso modo, le jeu vous explique que la déesse Mana réclame des offrandes pour maintenir l'équilibre du monde. Vouloir s'y soustraire entraîne les colère des éléments et la destruction des régions concernées, ce qui ne laisse guère d'autre choix que d'accueillir avec joie et fierté son propre sacrifice, si vous avez "l'honneur" d'être désigné. J'ai attendu un twist ou des subtilités qui ne sont jamais arrivées, le jeu n'ayant donc définitivement rien à dire. Ce qui ne serait pas tant un problème s'il ne manifestait des ambitions narratives à ce point envahissantes, puisqu'on vous cause sans arrêt.
Alors que reste-t-il de ce Visions Of Mana ? De beaux environnements, un système de combat efficace à défaut d'être révolutionnaire et des builds/classes par-dessus la tête. C'est ce qui m'a, malgré tout, tenu en éveil pendant plus de 40 heures. Et nul doute que j'irai d'un second run si le jeu sort un jour sur NS2, en tentant d'autres stratagèmes de combat, en creusant d'autres personnages et d'autres classes. Et en prenant le temps d'explorer des régions que je n'ai fait que traverser, souvent avec une pointe de frustration.
C'est donc un petit 12/20 pour ce qui me concerne, avec la certitude que cette licence aurait dû prendre un autre chemin. Foutez-moi ça en 2D, avec des fenêtres de texte à l'ancienne et musclez l'écriture, bon sang.