Gatta Cenerentola

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Zêta Amrith
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Gatta Cenerentola

Messagede Zêta Amrith le Dim 17 Juin 2018, 17:50

GATTA CENERENTOLA

Image

Réalisation : Alessandro Rak et Ivan Cappiello
Scénario : Ivan Cappiello et Marco Galli
Animation : Mad Entertainment

Dans le port d'une Naples futuriste tombée en déliquescence, Cendrillon (Cenerentola) vit sous le joug cruel de sa belle-mère et de ses soeurs, enfermées à l'intérieur d'un navire high-tech depuis lequel se prépare une nouvelle ère du crime organisé.

Premier long-métrage d’Alessandro Rak et de Mad Entertainment, L’Arte Della Felicita en 2013 était une jolie méditation sur les douleurs de l’existence disposant en parallèle la vie de deux frères ayant coupé les liens pour d’indicibles motifs. Un film abouti et une invitation à surveiller de près la seconde livraison de l’équipe napolitaine, très tôt annoncée comme une relecture mi-polar mi-SF de Cendrillon. Ce qu’elle est donc. Néanmoins, la nette réussite d’il y a quatre ans a cédé le sofa à quelque chose de plus inégal, plus dispersé, moins lisible.

Pour la faire courte, le dénommé Gatta Cenerentola ne sait jamais trop ce qu’il veut être. Ainsi trois intrigues et tonalités radicalement distinctes se chevauchent en espérant, au petit bonheur la chance, produire de rares moments symbiotiques : la mouture modernisée voire dystopique du conte, à peine effleurée, un concept superflu de navire capturant les souvenirs de ses hôtes en réalité augmentée, qui dépareille avec le reste, et une histoire de narcotrafiquants internationaux nébuleuse mais sans doute la mieux exploitée du lot. Le résultat se situe parfois à l’extrême limite du brouillon narratif et l’on se demande un peu comment le staff a pu dévier vers cet essai inutilement tortueux et complexe, dont on peine également à identifier le public visé tant le film prend plaisir à alterner ironie tarentinienne et glauque affirmé. Côté graphique aussi, on a fait comme un pas en arrière : il faut souligner que là où le prédécesseur jouissait d’une simple rotoscopie dessinée, au rendu assez charmant, le nouveau bébé tout en s’appuyant sur la même technique de base semble au moins en partie être passé aux modèles 3D. Le but était certainement de conférer plus d’épaisseur aux personnages, mais à l’arrivée le métrage se révèle seulement… moins vivant.

Ca ne signifie pas que Gatta Cenerentola soit intégralement dépourvu d’intérêt. Ses nombreux numéros musicaux tragicomiques, sertis de textes enlevés faisant allusion à l’influence de la mafia sur la société italienne, sont assez remarquables. Son ambiance neo-retro hors-norme devrait pouvoir séduire un public en recherche de cinéma "bis" et son méchant principal, narcissique et pourri jusqu’à la moelle, se montre relativement ludique. Il y a pléthore d’éléments qui considérés séparément fonctionnent ou interloquent, y compris deux ou trois dialogues au poil, mais qui agglutinés en un même récit ont tendance à se court-circuiter les uns les autres et à nous éloigner de l'essentiel.

Sans être un échec, Gatta Cenerentola est une déconvenue qui passe à côté de ses promesses et dont les qualités erratiques, pour véridiques qu'elles soient, ne sont hélas pas cumulatives.


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