de Yo-Dan le Mer 08 Avr 2026, 16:11
Le plus hallucinant - si jamais vous avez la flemme de vous fader la vidéo - c'est que personne à ma connaissance hormis lui, n'aura contesté le prétendu objectif de faire 6 millions de ventes sur une Q1. Le chiffre est ubuesque en soi, proprement intenable et - comble de l'ironie - même 4 millions, c'est encore probablement très surestimé. La Switch première du nom n'a jamais fait mieux que 4,7 millions de ventes sur un premier trimestre, en 2021 me semble-t-il. Le bashing de nobodies sur les réseaux, c'est la vie mon bon Monsieur, ce qui m'ennuie c'est davantage l'absence de rectifications sur des sites réputés sérieux, qui auront même repris l'info' en l'état.
Quant à Mario Galaxy - aka le film qui a eu la note de zéro (!) chez certains médias ciné' - je vais me risquer à le défendre, tout en étant très conscient de ses limites. Je fais même partie des 3 qui auront préféré cette suite au premier film, à ma grande surprise.
Le fait est que je l'ai dit cent fois : à mes yeux, la licence Mario n'est que très peu exploitable en termes cinématographiques. Parce que ça n'est pas fait pour raconter quoi que ce soit, s'agissant de plombiers au look improbable parachutés dans un Royaume champignon bigarré et WTF, peuplé de personnages tous plus invraisemblables les uns que les autres, lesquels n'ont d'autres raisons d'exister que celles d'enrichir un game design. Au risque de contredire mes propres attentes suite au premier, j'ai complètement accepté le fait que ça ne raconterait rien. Et avec le recul, je crois que je préfère l'orientation cartoon ultra référencé de cette suite, qui fonctionne presque comme un film à sketches, aux maigres ambitions narratives du premier. Typiquement, je pense qu'il aurait été catastrophique de développer la relation de Mario avec son père dans le premier volet, parce qu'en vrai, tout le monde s'en fout. Et plus globalement, se risquer à opérer des choix pour développer un propos, articuler une dramaturgie et s'emmerder à écrire des back stories qui tiennent debout, c'est aller contre la nature du matériau lui-même. Contrairement à tant d'autres, je n'ai pas envie de voir ça. A l'écueil de la dramaturgie forcée et hors sujet, je préfère celui du fan service assumé. Parce qu'on a le droit de faire un film qui n'a en vérité aucune autre ambition que celle-là : donner vie à un univers et des personnages que l'on aime et connaît déjà. Et cette fois, j'ai trouvé le film fun, débarrassé du besoin de justifier sa propre existence. Alors oui, pour quiconque cherche du cinéma, c'est nul. Et ça mérite les gros taquets d'une critique qui se fiche des jeux. Pour moi, ce n'est pas juste un plaisir coupable, c'est un petit privilège de fan à qui on envoie une lettre d'amour. Parce que malgré tout, ce film pue la passion et j'ai l'impression que les gens qui ont bossé là-dessus se sont éclatés.
Après, je suis peut-être exagérément pessimiste en pensant qu'une licence pareille représente en soi un frein indépassable à l'écriture d'un film qui pourrait regarder un Toy Story droit dans les yeux, mais je pense surtout que les gens qui jurent le contraire se racontent des histoires.