[Topikirox] Birth of the Cool.

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Zêta Amrith
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Re: [Topikirox] Birth of the Cool.

Messagede Zêta Amrith le Dim 14 Juin 2020, 14:20

Paraît que c'est là le topikirox. 60 ans valent bien 60 morceaux.
Voici les vingt premiers, tous tirés de jeux édités et/ou développés par SEGA au cours de sa tumultueuse histoire. Pour se remémorer (ou comprendre) pourquoi des gens marchent encore dans la rue avec des t-shirts et sweats à l’effigie du feu constructeur, là où une boîte aussi "parfaite", irréprochable et corporate que Nintendo n’a jamais réellement généré de culte extra-vidéoludique. SEGA ne faisait pas que des jeux. SEGA was an attitude.

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Il eut peut-être été trop simple de piocher dans le répertoire de ses deux premiers Streets Of Rage. Avant les BTA sus-nommés, Yuzo Koshiro fit ses armes auprès du ninja furtif de SEGA, engendrant au passage deux ou trois pièces parmi les plus fameuses de son catalogue. Il fallait bien ça pour tenir le coup face à la difficulté du soft, fidèle à l’exigence élevée de la série.



Takenobu Mitsuyoshi fut au meilleur de son art au milieu des années 90, et la bande-son de Virtua Fighter 2 caracole probablement en tête de ses principales réussites. En compétition avec celui de Lion pour la médaille d’or, le thème de Shun compte parmi les titres appréciés du compositeur-chanteur. On y retrouve la basse slappée qui fait un pan de l’identité musicale du SEGA des 90.



Un bijou presque expérimental de midboss theme signé Hikoshi Hakimoto, dont a du mal à croire qu’il est paru en 1990. Je l’écoute encore et encore sans me lasser tant l’antienne offbeat à 0.38 est monumentale, hallucinante pour un jeu de cette époque. Titre moyen, Alien Storm fut le second jeu développé par SEGA pour le board System 18.



Dur de faire un choix parmi la magnifique collection de morceaux écrits par Shinichi Sakamoto pour le vraiment non moins magnifique WonderBoy III : The Dragon’s Trap, souvent qualifié de Legend Of Zelda de la 8 Bits noire et le jeu que j’emporterais dans ma tombe. Le morceau de la plage reste le plus iconique et le plus chargé d’émotions infantiles. La Master System à jamais dans nos coeurs.



Fumio Ito se dépasse sur ce track post-funk intense qui suinte l’huile de moteur et la sudation sous les paupières. Si en écoutant ça tu ne veux pas améliorer ton chrono c’est que ta première console était une PS2, certain. Il existe aussi une version chantée par Takenobu Mitsuyoshi, mais il faut avouer que ses performances vocales sont bien inférieures à celles de Dennis St. James...


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Compositeur mythique de SEGA Europe durant la période Saturn, Richard Jacques a laissé sa marque dans l’histoire de la firme, au point d’avoir été le seul musicien occidental convié à participer au grand whos’s who de SEGA Rally 2006. Ni vu ni connu, il y lâche le meilleur morceau du lot. Plus d’un fan candide de Nintendo s’est brisé le col du fémur en écoutant ce break survolté.



Encore plus connus que les jeux, les soundtracks de Jet Set Radio sont une collection de titres pseudo garage et groovy supervisés par Hideki Naganuma, le fabuleux superposeur de sons et de voix qui regrette de n’être écouté aux States. C’est lui qui s’est chargé de ce track cassé et hors du temps dans lequel le concept of love continue de nous échapper à grandes enjambées.



Hiroshi Kawaguchi dit Hiro est le maestro musical du SEGA des origines. Entre 1985 et le début des années 90, il créé du rêve pour toute la crème de la crème, de Hang On à Power Drift, en passant par Space Harrier, OutRun et After Burner. D’inspiration brésilienne, sa célèbre partition pour Fantasy Zone est moins avant-gardiste et plus mélodique.



L’emphase sur la ligne de basse, les percussions saccadées inspirées du mouvement jungle, pas de doute c’est du SEGA et façon NAOMI/Dreamcast de surcroît. Confidential Mission est un rail shooter stylisé dans le plus pur style des années fastes de l’éditeur. Son compositeur Seiichiro Matsumura a surtout collaboré avec l’AM3 avant de quitter la firme.



Les amateurs d’animation connaissent bien Kohei Tanaka et sa formidable propension à créer des instrumentaux que l’épique dispute au kitsch le plus vindicatif. Il reste indécrottablement fidèle à ce label sur la saga RPG Sakura Wars, dont il est un peu le fil conducteur irréductible. C’est le moment douceur, yukata et chatons du post.


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Les vrais savent, c’est durant leur période SEGA que Platinum Games étaient réellement badass. Pour Anarchy Reigns, ils étaient allés chercher les Dilated People pour un morceau inédit, à une époque où le groupe faisait figure de dernière formation intègre de la Côte Ouest. Dj Babu scratche dans tous les sens, gloire qu’aucun autre jeu ne peut revendiquer. Faut monter le volume, ça déchire.



Dynamite Headdy est l’un des joyaux développés par Treasure pour SEGA, un gros jeu de plateformes qui ne fait pas de cadeaux. A gameplay hardcore, bande-son hardcore. Ce titre incroyable produit par Katsuhiko Suzuki plagie le début de Taurian Matador de l’artiste fusion Billy Cobham... les japs qui planchaient sur la Mega Drive en ce temps là avaient les bases du goût.



Sorti en 2010, Super Monkey Ball Step & Roll n’est pas exactement un bon cru pour la série mais la musique powerpop proposée par Tomoya Ohtani, grand manitou des productions Sonic, vaut largement le coup. Pas moins de huit chansons féminines upbeat et très plaisantes ont été composées pour le jeu. C’est Jun Senoue qui fournit la guitare sur celle-ci.



L’un des classiques de la Master System, Phantasy Star apportait sa propre lecture du genre grâce à un mélange SF-Fantasy plus raccord avec l’identité de SEGA que ne l’aurait été un Final Fantasy. Tokuhiko Uwabo, compositeur très présent jusqu’aux débuts de l’ère Mega Drive, s’occupe d’enrichir l’âme pittoresque des planètes et donjons. Version FM.



La dédicace aux clowns qui pensent que Miku « base de données » Hatsune est le successeur de Ulala ; un peu comme Christophe Maé marcherait sur les traces de Paul McCartney. Par-delà l’instrumentation sixties et un beat à tuer un chameau, on y décèle les discrètes influences jazz de Kenichi Tokoi, musicien barré toujours là chez les bleus mais sous-utilisé. Bad dancing is a killing.


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Jeu d’arcade sorti sur System 16 en 1986 puis porté sur Master System, Quartet jouit d’une OST dans la veine synthpop des blockbusters américains des années 80. L’intéressant Katsuhiro Hayashi n’a pas eu une carrière très longue chez SEGA, mais il a composé pour quelques jeux renommés tels que Galaxy Force, Hokuto No Ken (aka Black Belt) et Gain Ground.



Une grosse équipe bien énervée officie sur les musiques de la saga Yakuza depuis ses débuts et les titres potentiellement sélectionnables sont donc pléthoriques. Mon choix se porte sur ce morceau explosif de Hiroyoshi Kato, musicien moins connu que Hidenori Shoji, la « star » de la bande chapeautée par Toshihiro Nagoshi. Simple, musclé, brut, désinvolte, carrément mafieux quoi.



C’est le RPG maison inoubliable de la Dreamcast, miyazakien par tous les côtés et lesté d’une jolie bande originale co-réalisée par Yutaka Minobe juste avant qu’il ne passe freelance. Le bonhomme est essentiellement connu pour sa participation aux jeux Super Robot Wars chez Banpresto et il est aujourd’hui régulièrement invité sur les cutscenes de Sonic.



Hidenori Shoji secoue le cocotier Nintendo avec du hardcore technoïde qui attaque les oreilles comme les tracés de F-Zero GX épuisent les mirettes. Il n’y a pas que sur le plan du gameplay que Amusement Vision n’a consenti à aucun compromis, au point que certains morceaux sont difficiles à aborder hors jeu. Et on est clairement sur l’un des tracks les moins heavy du paquet.



On termine provisoirement sur du lourd avec le Replay de Virtua Racing Deluxe en version 32X, héritier des années fusion de SEGA. Ici c’est Naofumi Hataya, compositeur clé des années 90, qui manie la console. Le titre a tellement marqué les rares joueurs qui se sont penchés dessus qu’il a été réorchestré façon Model 1 pour la réédition SEGA Ages du jeu il y a quelques mois.

BONUS STAGE



Naofumi Hataya toujours, pour l’un des sept thèmes de boss de NiGHTS Into Dreams, hors d’oeuvre prestigieux de la Sonic Team sur Saturn. Pas grand-chose à commenter, il suffit de l’écouter pour réaliser combien c’était en avance sur son temps, une implémentation brillante d’éléments free jazz sur des rythmiques drum’n’bass pas moins complexes que celles qu’on lance en 2020.





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To be continued... peut-être, si j'ai pas la flemme.

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Re: [Topikirox] Birth of the Cool.

Messagede Geoff34 le Dim 14 Juin 2020, 18:06

Vraiment bon cette compil Sega, bon, de mon côté, je prépare ma compil dédié à Namco
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Les années 80










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Les années 90






















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années 2000/2010













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Re: [Topikirox] Birth of the Cool.

Messagede Yo-Dan le Dim 14 Juin 2020, 23:22

Zêta Amrith a écrit:To be continued... peut-être, si j'ai pas la flemme.


Ce serait dommage de laisser ça en plan, maintenant.
En tout cas, je ne sais pas s'il faut partiellement y voir (y entendre, plus exactement) une émanation de tes goûts perso' (et donc une forme de biais dans tes choix), mais ta sélection a clairement le mérite de souligner une identité musicale forte, traversante et vite reconnaissable, même pour quelqu'un comme moi de la maison d'en face.

Curieux de te voir tenir le défi sur quarante autres morceaux. :108:

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Re: [Topikirox] Birth of the Cool.

Messagede Zêta Amrith le Lun 15 Juin 2020, 00:20

Yo-Dan a écrit:Une identité musicale forte, traversante et vite reconnaissable, même pour quelqu'un comme moi de la maison d'en face.

Absolument. Même si évidemment je mets des morceaux qui se recoupent aussi du fait de l'intérêt que je leur porte, il y a je crois une continuité thématique et musicale chez SEGA, qui n'est pas assez perçue, qui n'a pas assez été relevée, y compris par des fans de la boîte. Nintendo fabriquait (et continue plus ou moins) une musique "universelle", qui se suffit à elle-même en ça qu'on ne la rattache pas spécialement à une décennie, là où l'écurie SEGA piochait dans les genres du moment, les disques de fusion et les clubs notamment ; comme il s'avère que le rythme et la basse sont le ciment d'à peu près tout ce qui arrive après le début des années 80, on retrouve donc certaines constantes, et parfois même une "patte" malgré des compositeurs en tous points distincts. C'est un autre aspect intéressant de la rivalité Nintendo/SEGA, même s'il existe bien sûr des palanquées de contre-exemples.

La pire maison d'en face dont on ne parle jamais, c'étaient Namco et Taito... Les fanboys Nintendo eux étaient de gentils garçons, mais dans les salles les loubards SEGA et les loubards Taito se sont empoignés plus d'une fois par le col. Ceux de Namco étaient plus fourbes, c'est prouvé, pas étonnant que plus tard ils aient lancé l'antéchrist Sony avec Ridge Racer.

Curieux de te voir tenir le défi sur quarante autres morceaux :108:

De la gnognotte. Pour le trentième anniversaire de Sonic j'ai prévu 1224 morceaux, en référence à la vitesse du son qui 'est' de 1224km/h. J'ai commencé la rédaction à une époque où la Palestine était encore britannique pour pouvoir finir la veille du jour J, mais il faudra minimum 700 Go de RAM pour ouvrir le contenu de la balise Spoilers.

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Re: [Topikirox] Birth of the Cool.

Messagede Zêta Amrith le Dim 21 Juin 2020, 20:51

SEGA Partie 2, là où se croisent tous les futurs qui n'auront jamais lieu.
La magie continue et si tu ne la ressens pas en toi, ça fait aussi partie de ses propriétés magiques.

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Ollie King est le second jeu de skateboard arcade développé par SEGA, après Top Skater. Mais là où son prédécesseur utilisait pour accompagnement des chansons sous licence, celui-ci a fait appel à Hideki Naganuma pour une poignée de titres bboy funk irrésistibles. Je n’ai jamais eu la chance d’y jouer mais peut-on seulement se concentrer sur son score avec pareille bande-son.



Jeu visionnaire aux ambitions artistiques très élevées pour 1998, Panzer Dragoon Saga n’était pas qu’un RPG japonais mangassier de plus à l’inventaire, mais une excursion moebiusienne enrichie d’éléments de visée et d’une fine dimension aventure. Tribale, inquiétante et mystérieuse, la musique de Saori Kobayashi est grande en ce qu’elle s’affranchit de tout racolage.



A l’instar d’un Alien Soldier, Ristar fait partie de ces jeux incontournables de la Mega Drive qui n’ont pas vraiment connu le succès car sortis durant les derniers mois d’activité de la machine. Co-développé par la Sonic Team qui se charge de graphismes et musique, il bénéficie d’une solide OST signée Tomoko Sasaki, compositrice estimée pour sa contribution à NiGHTS Into Dreams.



Après le hit Virtua Fighter, l’AM2 a aussitôt voulu capitaliser sur son savoir-faire en créant un jeu de combat du même type, Fighting Vipers. On se souvient moins que l’AM3 a aussi tenté sa chance avec un opus relativement similaire nommé Last Bronx. Entre deux morceaux à riffs, Tomoyuki Kawamura retrouve le côté cool jazz nocturne de beaucoup de jeux des années 90.



Naofumi Hataya en bonne forme rythme les exploits des super-pompiers du futur sur l’un des jeux cultes de la Saturn. La rencontre des guitares et des cuivres génère l’amalgame d’actioner pêchu et d’héroïsme animuh kitsch dont les Burning Rangers avaient besoin. A cette époque, le logo Sonic Team imprimé sur un livret signifiait vraiment quelque chose : du genre fuck off Playstation.


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N’en disconvienne aux chèvres crackées, l'authentique épigone du rhythm game made in SEGA fut l’injustement ignoré Rhythm Thief, mélange charmant de Lupin The Third et de Professeur Layton. Pour bien saisir la grande qualité de cette composition de Tomoya Ohtani, il faut s’imaginer qu’à chaque cassure correspond évidemment un signal QTE envoyé au joueur.



Si la musique de la série des House Of The Dead n’a jamais démérité pour ce qui est d’enchaîner les beats toniques et incitatifs, peu de tracks ont laissé leur empreinte comme le thème associé au terrible Magicien de Tetsuya Kawauchi, réorchestré à de moultes reprises au fil des ans. Buter les zombies du Dr. Goldman dans les couloirs oui, mais en costume trois pièces et avec du style.



Paru sur Model 3 en 1996, Scud Race est l’archétype du racer SEGA à ciel bleu, sorte d’enfant illégitime de Daytona USA situé dans des environnements au moins aussi bigarrés et improbables. Eurodance de coupe du monde footballistique et relents club de Philadelphie à 1.50 se sont rejoints dans les expanders du freelance Kaoru Ohori, dont ce sera l’unique piste SEGA.



Créé par Ed Annunziata, Mr. Bones est un OVNI et un titre mythique de la Saturn, un véritable objet expérimental. On y incarne un squelette se rebiffant contre le sorcier maléfique qui l’a ramené à la vie. La musique, entièrement composée par le guitariste américain Ronnie Montrose, est une succession de morceaux blues et de rock sudiste comme on n’en avait jamais entendus sur console.



Junko Shiratsu est une musicienne, à mon avis très douée, qui n’a pas eu pourtant le parcours qu’elle méritait chez le constructeur. La manière dont elle exploite les assets sonores de la Mega Drive sur OutRunners est exemplaire... Elle a livré une magnifique partition pour Chaotix, mais on la cite souvent pour sa chanson humoristique avec Y. Miyamura dans Evangelion : 2nd Impression.


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Des nénettes japonaises toutes mignonnes qui font du « rock », neuf fois sur dix c’est de la grosse daube de septième octave pour fans de Mika. Mais pas quand tu t’appelles SEGA en 2009. Sorte de Splatoon robotique conçu pour les salles, Border Break évolue à la lisière de la mechaphilie hardcore et des tropes otakus usuels. Cette chanson inaugurale fonctionne donc nickel.



Il y a bien des raisons pour lesquelles la version Saturn de SEGA Rally est l’une des killer apps de la machine. Portage superbe du jeu de l’AM3, maniabilité de savonnette ultra-addictive, mode 2J, options de customisation des voitures. Ainsi qu’une bande-son revue et corrigée par Naofumi Hataya, dans la filiation fusion qui faisait le swag de ces années-là sur l’archipel.



Un critère que les contempteurs du son Mega Drive ont souvent laissé de côté est l’adéquation particulière de la console avec les genres musicaux articulés autour des lignes de basse : techno, rock électronique, hip-hop, drum’n’bass, dance industrielle. Un exemple pourrait être ce titre d’influence new jack swing de John Baker pour la séquelle Toejam & Earl In Panic On Funkotron.



Yoshito Kida n’a fait qu’un passage-éclair dans le camp des bleus mais l’esprit SEGA est bel et bien présent dans le track éponyme de Gale Racer, aussi connu sous le nom de Rad Mobile. Qu’il vente ou qu’il neige, tout donner pour le score ou le chrono tel le mentor Segata Sanshiro est la ligne de conduite défendue par l’impavide mélopée qui émerge depuis le pot d’échappement.



Comme son nom l’indique, Alien Front Online de Wow est l’un des jeux en ligne qui ont laissé de tenaces souvenirs aux possesseurs de Dreamcast. Ecrite par le métalleux Howard Drossin qui fut naguère un collaborateur régulier de SEGA Of America, la musique est un amalgame de guitares et de percussions technoïdes très représentatif de ce que produit la firme durant la décennie 2000.


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C’est qu’il a été fréquemment remanié, le thème de Dorkas composé par le très anime-like Kentaro Kobayashi, auquel on doit aussi l’enrobage sonore du premier Virtua Cop. La version Virtual-On Oratorio Tangram 128 Bits, moins criarde, garde ma préférence. Chaque personne qui a un jour maudit Index l’a fait cette musique dans le walkman, en regardant l’horizon étoilé.



Intervenant vers la fin de Shenmue II, ce morceau sinophile de Takenobu Mitsuyoshi est devenu pérenne après que de nombreux joueurs l’aient symboliquement érigé en ultime chant du cygne de la Dreamcast, et plus largement du SEGA constructeur. La mélancolie du jeu redoublait alors certainement celle des aficionados face au champ de ruines laissé par la pieuvre invincible Sony.



Déjà aux manettes sur le précédent volet, l’excellent Naofumi Hataya reprend les rênes du Zilog Z80 pour Golden Axe III, le moins populaire de la trilogie sur Mega Drive. Fidèle à lui-même, il y donne le meilleur dans la veine Conan Le Barbare qui sous-tendait la franchise à ses débuts. Ca tombe sous le sens que c’est impeccable donc je ne vois pas l’utilité d’en rajouter.



Vedettes effacées par l’histoire, les gentils cambrioleurs Bonanza Bros. ont connu leur heure de gloire dans les salles en 1990, avant de se diffuser via plusieurs adaptations console, dont une très jolie itération Master System mise en musique par le mystérieux acronyme M.A. Précurseurs inconscients du genre infiltration, ils font partie des nombreux personnages quasi oubliés de la compagnie.



Voilà pourquoi j’aimais SEGA pardieu. Un jeu de squash chez Sony aurait donné un jeu de squash. Un jeu de squash chez Nintendo aurait donné Mario qui joue au squash avec une carapace. Chez SEGA ça donnait Cosmic Smash, un androïde qui squashe des cubes pour fuir un tunnel souterrain. Banalité rendue fascinante, avec la musique intelligent techno ad hoc de Keitaro Hanada.

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Un remix composé pour la réédition SEGA Ages de Gain Ground sur PS2. Le soft, « jeu d’action algorythmique » pour reprendre les mots nébuleux de ses concepteurs, superpose guerriers en haillons et SF en un même decorum bizarroïde. L’essence médiévale de l’original écrit par Katsuhiro Hayashi pour le System 24 reste identique, mais on a gagné en amplitude et en dynamisme.



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Re: [Topikirox] Birth of the Cool.

Messagede Geoff34 le Lun 22 Juin 2020, 14:30

Cosmic Smash est effectivement une curiosité intéressante, l'univers en fil de fer façon Rez fait la particularité de ce jeu, ça reste encore très original en 2020, ça pourrait donné des idées pour une ressortie en VR, vu que ça joue sur la profondeur.
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Re: [Topikirox] Birth of the Cool.

Messagede Yo-Dan le Jeu 25 Juin 2020, 17:42

Zêta Amrith a écrit:Nintendo fabriquait (et continue plus ou moins) une musique "universelle", qui se suffit à elle-même en ça qu'on ne la rattache pas spécialement à une décennie, là où l'écurie SEGA piochait dans les genres du moment, les disques de fusion et les clubs notamment ; comme il s'avère que le rythme et la basse sont le ciment d'à peu près tout ce qui arrive après le début des années 80, on retrouve donc certaines constantes, et parfois même une "patte" malgré des compositeurs en tous points distincts.


Yep, et si je devais moi aussi me coller à une sélection "made in Nintendo", selon les mêmes critères, je suis à peu près certain qu’il en émergerait des titres où les marqueurs seraient quasi-strictement mélodiques, reléguant tout l’aspect basse/batterie visiblement hyper présent chez Sega au rang de relative curiosité.
(Mais je ne le ferai pas, hein. Trop chronophage et je n’ai pas envie de mordre sur un temps de sommeil devenu incompressible, l’âge aidant).

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Re: [Topikirox] Birth of the Cool.

Messagede Zêta Amrith le Lun 29 Juin 2020, 21:09

SEGA Partie 3. Et ainsi se referme cette fenêtre limitée ouverte sur la musique SEGAphilique.
Les choix forcément arbitraires se sont fondés sur deux idées sous-jacentes : un "équilibre" entre variété et continuité esthétique d'une part, contre ceux qui prétendent que tout ne fut qu'une réinvention permanente de tout au mépris du passé, et d'autre part, ne pas faire appel deux fois à la même licence pour aussi lister des choses moins évidentes.

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Le dernier post ne pourrait démarrer mieux qu’au son de l’une des plus célèbres compositions de Hiroshi Kawaguchi. Au carrefour du nekketsu décisif et de la mélancolie du soleil couchant, ce thème de 1987 fait honneur à son soft d’origine, le génial Super Hang On. Cette séquelle du classique arcade avait trouvé une nouvelle pertinence grâce à l’adjonction d’un boost carrément grisant.



Très bon jeu d’action dans la lignée de Vanquish, doublé d’un retour aux origines futuristes de la compagnie, Binary Domain est l’un des derniers représentants de l’époque où SEGA, en l’occurrence la Team Yakuza, prenait encore des risques. Mais ledit pari échoua commercialement et scella aussitôt le sort du studio. La musique de Chihiro Aoki est un missile ballistique dans le museau.



Surtout reconnu pour ses contributions éthérées dans l’animation, Kenji Kawai a composé une partition complète pour un titre Saturn dénommé Deep Fear. Réponse inaboutie des bleus aux Resident Evil de Capcom, ce survival horror n’a pas vraiment marqué les foules mais son accompagnement sonore si, préfigurant la touche que le musicien exploitera sur Patlabor WXIII.



Le Noriyuki Iwadare n’est pas une superstar mais on ne peut que s’incliner devant la complexité de la musique qu’il a produite pour Jewel Master, un petit platformer sympathique sorti dans l’indifférence en 1991. Une utilisation optimisée des reverbs métalliques inhérents à la Mega Drive et de nombreuses variations de tempo en font une curiosité musicale à connaître sur la machine.



La licence Puyo Puyo appartient depuis 2002 à SEGA. C’est la Sonic Team qui a développé tous les épisodes en interne à partir de Puyo Puyo Fever l’année suivante. Le passage sous pavillon du hérisson a évidemment changé pas mal de règles esthétiques en vigueur et la bande-son a connu un regain d’énergie. Orchestré par Masaru Setsumaru, Puyo Puyo 7 reste inédit hors du Japon.


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Eternal Champions est un jeu de combat signé Sega Interactive pour la 16 Bits noire qui a divisé la critique. Exclusivité Mega-CD, son second épisode est souvent considéré comme l’une des valeurs sûres de l’extension. Encore plus gore que Mortal Kombat II, dont il voulait répéter le succès en jouant pleins feux sur l’hémoglobine, il est efficacement mis en musique par Tristan des Pres.



Spin-off de Virtua Fighter inédit en Europe, Virtua Quest est un mix de beat’em up et de RPG au graphisme rappelant parfois Mega Man Battle Network. Inabouti, il n’a pas laissé de souvenirs impérissables aux joueurs. Le loyal Fumio Ito est aux commandes de la partie sonore et on retrouve sans peine ses progressions d’accords à la guitare et ses rythmes heurtés typiques.



L’un des innombrables jeux d’arcade méconnus du constructeur parmi tous ceux qui irradient de l’envie de chauffer le bitume. C’est Hikoshi Hashimoto qui a été désigné pour insuffler de la mélodie dans ce trip super scaler tournant sur le X Board. Une new wave qui marche comme sur des roulettes et la rumeur relate que Nintendo en serait encore à tenter de percer le secret d’un tel song-writing.



Peu de gens savent que SEGA ont co-développé eux-mêmes le Ghostbusters de la Mega Drive, titre relativement moyen mais disposant à sa décharge d’une certaine atmosphère. Sinistre et grandiloquent à la fois, soit deux orientations très ardues à conjuguer, le thème du mini-boss composé par Kazuhiko Nagai est un petit tour de force qui cristallise tout le caractère ambivalent du film original.



Difficile de mettre un nom en particulier sur ce track nu disco imparable étant donnée la palanquée de musiciens ayant participé à Let’s Tap. Dernier jeu conçu par Yuji Naka pour SEGA, en collaboration avec le studio Prope, c’est un petit soft bigarré qui tire profit du capteur de vibrations de la Wiimote pour proposer un gameplay original, pas toujours très précis, mais plutôt amusant.


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Réalisé par un animateur de la firme, Astal est un joli side-scroller de la Saturn qui n'est jamais paru en Europe. Pour le distinguer des autres platformers maison, Yukifumi Makino lui a conféré un enrobage musical d’influence j-pop 90s pur jus, agrémenté d’une intro animée. Malgré des ventes décevantes qui le privèrent d’autres aventures, le personnage reste populaire chez moults fans.



Apaisant et magnétique, le travail de l’autodidacte Tim Follin sur Ecco Defender Of The Future rappelle un peu celui des niveaux aquatiques de David Wise ou certaines ambiances lascives de Sega Marine Fishing. Mais cette apparente féerie n’a pas abusé bien longtemps le public, le jeu se montrant assez fidèle à la réputation de ses prédécesseurs, c’est-à-dire retors, tortueux voire hardcore.



Situé dans un monde steampunk, c’est l’un des derniers RPGs originaux de SEGA. Si Resonance Of Fate est doté d’un système de combat plutôt compétent, le jeu a aussi été remarqué pour les rythmiques enlevées de Motoi Sakuraba. On reconnaît dans ce morceau les goûts du monsieur en matière de rock progressif UK, avec cette utilisation des claviers symptomatique du genre à 1.30.



C’est on ne peut plus simple, straight et on ne peut plus recommandé à ceux pour qui la ligne de basse compte par-dessus tout. L’avantage avec l’OST upbeat que Hidenori Shoji livre pour Fighting Vipers 2 est que tous les morceaux proviennent du même cépage. En apprécier un revient à endosser les autres. A cette époque le guitariste était encore affilié à l’AM2, mais Toshihiro Nagoshi allait l’en soustraire.



A la base, Choplifter est un classique conçu par Broderbund Software en 1982. Mais à l’instar de près de 90% des softs Master System, SEGA a entièrement reprogrammé le titre pour sa console. Et lui a au passage octroyé la bande-son qui lui faisait défaut... Signée Tokuhiko Uwabo, le compositeur de Phantasy Star, c’est elle que se remémorent encore les amateurs du jeu de sauvetage.


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Sous ses airs de jeu de plateformes coloré et de petit bac à sable à la Super Mario 64, Billy Hatcher est une étrangeté de plus à ranger au palmarès de la Sonic Team, pas toujours accessible et dans lequel l’habileté et l’invocation des bons outils au bon moment sont primordiaux. Ce titre big band foutraque asséné par Tomoya Ohtani illustre bien les aspects moins consensuels du gameplay.



C’est en 2000 que SEGA propulse SEGA GT, nouvelle licence automobile supposée marcher sur les plates-bandes de la série des Gran Turismo chez Playstation. Différentiel de popularité entre les consoles oblige, le plan capote mais un second volet voit quand même le jour en 2002, lestée d’une détonnante et roborative tracklist rock, fusion et eurobeat par un pool freelance électrisé.



La basse électrique slappée définissant presque le style SEGA des années 90, certains ne peuvent qu’esquisser un rictus à la lecture de cette plage de Tetsuya Kawauchi. Puzzle game conçu par l’AM3, Baku Baku n’a jamais rayonné en Europe ou aux Etats-Unis mais a eu sa petite parenthèse de notoriété sur l’archipel. Il est sorti simultanément sur Saturn et sur sa « jumelle » Titan Video.



C’est l’un des jeux les plus sous-estimés de l’AM2, en dépit de son fun de chaque instant et d’un Hiroshi Kawaguchi de nouveau en état de grâce. Power Drift est un fleuron du Y Board, un press start and play comme on n’en fait plus mais qui demandait des réflexes très aiguisés pour être appréhendé, surtout avec volant. Et c’est comme ça que se termine cette playlist des 60 ans...



... Acte de naissance de la Dreamcast, Sonic Adventure malgré ses maladresses continue de symboliser la haute ambition qui fut celle de la firme sur son dernier hardware. Tout a été dit sur sa musique réjouissante gouvernée par les riffs rock et funky de Jun Senoue. En binôme avec le chanteur Johnny Gioeli, il a offert au hérisson son ersatz de JAM Project pro domo.


BONUS STAGE



L’activation des sous-titres est nécessaire pour appréhender la philosophie lumineuse de Segata Sanshiro. Il est mort pour les péchés des gamers et pour sauver la Dreamcast d’affreux gaijin stipendiés par Sony, laissant derrière lui une demi-portion insipide. Clip et chanson de légende sont issus de la frugale et anecdotique collection de mini-jeux Segata Sanshiro Shinken Yugi.



Image
Senna Has Passed Act 3.

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Yo-Dan
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Re: [Topikirox] Birth of the Cool.

Messagede Yo-Dan le Mar 30 Juin 2020, 16:06

On avait été prévenus dès le premier commentaire, mais vous tenez donc là la seule playlist anniversaire de Sega au monde qui ne contienne aucune piste d'un Streets of Rage.

Exploit ou ineptie, chacun jugera. :mrgreen:

Geoff34
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Re: [Topikirox] Birth of the Cool.

Messagede Geoff34 le Dim 12 Juil 2020, 19:03

Les épisodes de la Biobiotheque de Merugezu consacré à des compositeurs de musique de jeux vidéo
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