Encore bravo pour ce podcast à la cool mais exigeant, et surtout extrêmement bien calibré. Je le répète, mais ça se confirme dans cet épisode, vous êtes très complémentaires et ça renforce l'intérêt qu'on a à vous écouter.
Maintenant le film.
En plus de la version cinéma et de l' "édition spéciale", il existe une 3e version du film, la
director's cut. Je n'ai découvert le film que très récemment, il y a un ou deux ans, et c'était via cette version. Je ne sais pas si elle diffère si grandement que ça de la version cinéma. Ce pourra faire l'objet d'un prochain visionnage.

Parmi les scènes marquantes du film, il y a aussi celle de la 1re rencontre de Roy, dans la voiture. Visuellement dingue, elle fera des émules (coucou X-Files). J'ai également trouvé certaines longueurs au film sur sa première partie : l'enchaînement de reconstitutions intuitives à base de mousse à raser, de purée et d'éléments de jardin. C'était sûrement nécessaire, mais un peu long et redondant.
Sinon, comme vous, je trouve la seconde partie (à partir de l'identification de la vision, à peu près) absolument fascinante. Même en 2026, ça fait de l'effet.
Parmi les thèmes centraux, j'ai trouvé que tout le film est placé sous le signe de la communication, de la compréhension et de l'intuition. C'est omniprésent du début à la fin. D'emblée, le fait que Lacombe s'exprime par l'intermédiaire de Laughlin, son interprète, et parfois non, semblant de preuve de l'existence d'un langage universel par-delà les langues. Ensuite, la variété des moyens de communication (fréquences radio, mélodie, séquence de couleurs, coordonnées géographiques, visions suggestives floues). Quelque part, si les scientifiques sont là pour essayer d'expliquer, ce sont les artistes qui sont les plus réceptifs et compréhensifs aux signaux de diverses natures, sortes de bouteilles lancées à la mer par le ET (Jillian et ses dessins, Roy et ses sculptures, les fidèles en Inde et leur mélodie). On pourrait dire, au sortir de ce film, que quand la communication ou la compréhension patauge, l'intuition triomphe.
La communication entre les êtres humains est illustrée également, sous bien des formes. Entre les autorités et les populations, par le biais des médias ou lors de meeting, qu'elle soit faussée ou non. La communication intrafamiliale, dans la famille de Roy ou entre Jillian et son fils, est un gros morceau aussi. Chez Roy, c'est la marmaille, alors que Barry, le fils de Jillian, qui élève son fils seule, est presque mutique. Deux salles, deux ambiances, deux modes de communication qui diffèrent. Dès la première scène de famille, on voit que la communication est chaotique. Roy est un grand enfant, Teri Garr est certes la chieuse de service (comme dans
Tootsie), mais c'est celle avec la tête sur les épaules. À travers elle, on comprend qu'on a perdu Roy, qu'il est déjà ailleurs, que la rencontre change les gens impliqués. Elle est un personnage clé du début du film, à mon avis. Sa "disparition" ou son absence lance la deuxième partie du film.
Le comportement des ET peut s'expliquer par leur non-compréhnsion des codes ou de la civilisation humaine. Tant qu'aucune communication n'a été encore établie, signe d'une entente commune, ils ne considèrent pas encore pleinement l'humanité comme un semblable. Comme les humains lorsqu'ils découvrent une espèce : on l'observe, on la rend captive pour l'observer de plus près ou la préserver. Dans le film, sitôt le contact réellement établi au lieu de rdv mentionné et la mélodie entonnée, les captifs sont relâchés. Étaient-ils de simples sujets d'étude ou des spécimens préservés lors de la Guerre ? On l'ignore, mais on rentre dans des rapports plus sympathiques et cordiaux. Un peu comme dans
Star Trek Premier Contact, une fois que les Vulcains remarquent que les humains ont acquis le voyage supraluminique, l'entente débute.
P.-S. : Lol, je m'attendais pas à pondre un pavé pareil. Aérons et sautons des lignes.
P.-P.-S. : n'étant pas sûr à 100 %, je viens d'aller vérifier, mais le titre français conserve le pluriel du titre original, il s'agit donc bien de
RencontreS du troisième type, avec un
s. Au pire, si ça peut rameuter tous les
grammar nazi du web et tous les fans hardcore du film, faisant ainsi gonfler le nombre de commentaires, ce sera toujours ça de gagné. xD