de VpV le Jeu 26 Mar 2026, 17:17
Millennium (Chris Carter, 1996 - 1999), saison 1 : vue !
Jaloux et meurtri de ne pas faire partie du cercle des esthètes hipsters qui portent un monocle aux soirées de l’ambassadeur en savourant champagne et Mon Chéri, j’ai fini par me procurer, faute d'autres choix disponibles, une intégrale d’occasion de Millennium, à prix décent (30 euros ou 40 euros) et dans son édition belge. Pour une édition DVD de 2004, l’image et le son sont plus que satisfaisants, c’est assez rare pour être signalé. Les sous-titres sont parfois un peu suspects, mais rien de grave à première vue.
Quant à la série ou plus exactement à cette première saison, ben, c’est du Chris(t) Carter, bien entouré et à son meilleur. C’est comme si cette série était sortie en bénéficiant de l’expérience accumulée sur the XF pour donner quelque chose de remarquablement calibré, dans son format, dans son écriture, dans sa réalisation. C’est vraiment agréable. D’un point de vue global, sur 22 épisodes, très peu sont décevants et beaucoup sont prenants, immersifs. Bien sûr, on n'échappe pas à certaines facilités de scénario ou invraisemblances déjà bien connues des services (intervention en solo au lieu d’attendre des renforts à moults reprises, déductions hâtives pour faire avancer l’enquête un peu plus vite, etc.). Par contre, contrairement à The XF, j’ai trouvé le mélange science/occulte/paranormal savamment dosé. Le format “serial killer de la semaine” avec un fil rouge qui n’en est pour l’instant pas vraiment un évite pour le moment à la série de partir dans tous les sens, même si on devine que cela peut changer lors de la 2e saison. J’ai à la fois hâte et un peu peur de ce que ça va donner. Pas forcément du contenu, mais du degré de maîtrise pour s’aventurer hors du pur formula show. Des quatre saisons que j’ai vues de The XF par exemple, la majeure partie de la mythologie m'a paru être distillée à l’emporte-pièce.
Dans les grandes forces de la saison 1, il y aurait :
- la qualité des scripts qui arrivent à raconter des affaires vraiment sordides de façon effroyablement crédibles, de manière toujours plus suggérée qu’explicite ;
- Les personnages et surtout le couple Black, peu démonstratifs mais très compatissants, leur vrai superpouvoir étant en définitive l’empathie. J’aime bien également lorsque le héros, Frank Black, fait équipe avec le flic local le temps d'un épisode. Ces duos temporaires fonctionnent toujours très bien, même si Frank fait souvent office de cheat code au sein de l’enquête ;
- le cynisme ou l’ironie, souvent distillés d’une simple réplique et qui pourrait assez aisément passer inaperçue.
Reste à voir si la saison 2 sera à la hauteur de mes attentes et si la saison 3 sera vraiment du caca.
En parallèle, je regarde A la Maison Blanche (The West Wing, Aaron Sorkin, 1999 - 2006), série acquise en coffret DVD, même si je crois qu'elle est dispo sur Canal+ mais à la demande et à prix assez dissuasif. Et là encore, on a affaire à une série dont la réputation n’est pas galvaudée. On y suit le président des US et ses plus proches conseillers en communication, dans un format slice of life/discussions de couloirs en marchant (à la Urgences). C’est intelligent, informatif, didactique et drôle. La série présente la mouvance démocrate dans ce qu’elle a de meilleure et servie par d’authentiques héros idéalistes du quotidien. Les quelques moments où la clique présidentielle se viande sont assez savoureux et nous font les aimer d’autant plus qu’ils fautent toujours de bonne foi. Tous les acteurs sont top franchement. Et Martin Sheen est assez génial comme président des US. Je n’en suis qu’au début de la saison 2, mais je peux déjà lui décerner le label “Immanquable”.