de GregN8 le Mar 31 Mar 2026, 03:26
Ikoku Nikki a diffusé récemment son dernier épisode, qui a bénéficié d'une réalisation particulièrement soignée. Makio est le personnage féminin le plus réaliste et crédible que j'aie pu croiser dans l'animation japonaise. Son ton désabusé me parle tout à fait ; elle aussi cherche à dépasser son cynisme au quotidien pour essayer de retrouver une relation plus sereine avec elle-même et son entourage, sans pour autant rejeter ce fond mélancolique qui l'inspire en tant qu'écrivaine.
Asa et Makio, qui ont respectivement 15 et 35 ans, subissent toutes deux l'épreuve du deuil. Leur cohabitation fait suite à un grand malheur. Elle est imprévue et parfois difficile, mais chaque moment de tension est traité avec délicatesse. Il y a une retenue générale qui permet de souligner les plus fins détails psychologiques. La série n'idéalise jamais leur relation et arrive en particulier à rendre les nuances de leur différence de maturité.
Il n'y a pas une seule scène d'action dans cette série, qui est uniquement centrée sur des dialogues et les petits gestes du quotidien, mais elle est si sensible qu'elle n'en a pas besoin pour capter l'attention. C'est une tranche de vie qui n'a rien à voir avec les autres tranches de vie qu'on retrouve généralement dans l'animation japonaise. Le public visé ici est clairement mature.
Certains épisodes d'
Ikoku Nikki sont moins captivants, moins bien réalisés, mais globalement cette série m'a plu du début à la fin. Ce n'est pas un chef-d'œuvre, car elle ne cherche en rien à y prétendre et se moque du grandiose. Quelle importance ? Sa discrétion est aussi une vertu.
Ikoku Nikki est encore une preuve que le secteur de l'animation japonaise est en pleine expansion, dans une phase de maturité qui atteint un public de plus en plus âgé et exigeant, féminin aussi, bien au-delà du cercle otaku habituel. Elle mérite pleinement notre enthousiasme.