Genesis Climber Mospeada : En 2050, les Inbits envahissent la Terre, forçant une partie des survivants à s'exiler sur Mars. Trente-trois ans plus tard, Stig Bernard participe à la seconde tentative pour reprendre la planète-mère de l'humanité, qui se solde par un désastre. Désormais isolé, il doit retrouver les autres soldats survivants à Reflex Point, leur cible d'origine.
Troisième série utilisée pour créer Robotech, et la seule qu'il me restait à découvrir. Comme les deux autres, il s'agit d'un anime de real robot, où les personnages utilisent des armes et véhicules produits en masse. Le modèle de base est le mospeada - d'où le titre - une moto capable de se transformer en armure de combat (avec un style vraiment chouette).
Nous suivons le périple d'un groupe de personnages sur Terre, alors qu'ils essayent de rejoindre un lieu précis situé en Amérique du Nord. Genesis Climber Mospeada est une série semi à suivre : tout changement dans le statu quo sera conservé d'un épisode à l'autre, mais ceux-ci restent indépendants (hormis les deux derniers). Le voyage justifie de visiter de nombreux lieux différents, avec à chaque fois une intrigue inédite à raconter. Il n'existe pas vraiment d'histoire de fond, même si nous aurons parfois l'occasion d'en apprendre plus sur la nature des Inbits.
Cette structure permet à la série d'éviter de se répéter, mais cause aussi quelques problèmes. Les personnages parcourent visiblement de longues distances entre deux épisodes - pouvant passer d'un désert aride à une jungle luxuriante - donnant l'impression d'avoir sauté une étape. Mais cela traduit surtout ce que je vois comme le principal défaut de l'anime : ses scénaristes ont voulu proposer des situations nouvelles à chaque épisode - nous croisons ainsi des communautés humaines disposant chacune de leur propre rapport aux Inbits, voire des niveaux technologiques différents - mais sans se demander si l'ensemble formait un tout cohérent. Par exemple, dans un des premiers épisodes, nous apprenons que les Inbits gèrent l'approvisionnement en HBT - le carburant utilisé par les véhicules - et que la police local collabore avec eux, ce qui paraît aller de soi pour les protagonistes. Cela ne sera plus jamais évoqué.
J'ai apprécié le groupe de personnages, même si sa constitution peut paraître artificielle ; une des héroïnes, en particulier, ne semble pas avoir la moindre raison pour les rejoindre au début. Leurs interactions, leurs intrigues personnelles, et leurs relations constituent une des bases de la série. Avec deux incongruités : une gamine de 10 ans obsédée par l'idée de trouver un mari, et un artiste doublé à la fois par un homme et par une femme, et se portant volontaire pour la majorité des scènes de douche. Ce-dernier apporte un élément que nous retrouvons aussi dans Super Dimension Fortress Macross : la musique intradiégétique. Non pas qu'elle serve ici d'arme secrète contre les Inbits, mais il s'agit d'un des fondements de l'identité du personnage, régulièrement mis à profit dans l'intrigue. Dans un style un peu plus rock que la guimauve de Lynn Minmay, même si toutes les chansons ne sont pas forcément réussies. En tout cas, elles le sont moins que la bande-son entraînante de Joe Hisaishi.
L'anime est plutôt soigné techniquement, avec une animation propre et peu de recyclage. Rien de transcendant, mais par rapport à ce qui pouvait se faire à la même époque dans d'autres studios, cela tient encore la route. La mise-en-scène exploite bien les particularités des mospeada lors des phases d'action : leur petit gabarit et leur maniabilité donnent lieu à quelques jolies ballets face aux Inbits.
La structure de la série permet d'en renouveler sans cesse l'intérêt, même si tous les épisodes ne se valent pas, et qu'il ne faut pas essayer de chercher une cohérence globale. Cela la rend parfaitement digeste. La guerre, la survie dans un contexte d'occupation, tout cela est traité avec sérieux et rigueur, sans chercher à édulcorer le ton de l'anime ni à cacher les victimes. Je regrette que le scénario face toutefois l'impasse sur la question de la résistance humaine chez les survivants, une sorte d'occasion manquée alors qu'il y aurait tout-à-fait eu la place pour aborder le sujet dans au moins un épisode. L'absence de véritables fausses notes, le monde servant de base à la série, le mecha design, une intrigue condensée sur 25 épisodes, tout cela fait de Genesis Climber Mospeada un anime plus que correct. Loin d'être le plus mémorable de son époque, mais il se situe dans la moyenne haute.