Le top 5 de Ialda in january drinking horchata
7 February 2010 par dans Général |
Short Program vol. 1. Il y a bien longtemps de ça, dans une autre vie, Tonkam nous faisait découvrir Adachi via ses fameux recueils de nouvelles “Short Program”. Depuis, dix ans se sont écoulés, et la plupart des autres éditeurs du marché ont finis par s’y coller; à partir de Niji-Iro Tôgarashi en 2003 chez Glénat, c’est à une vraie farandole des plus beaux titres de l’auteur à laquelle on a pû assister : Touch, Rough, H2… Mais quid des fameux volumes édités par Tonkam et qui avaient lancés l’aventure française ? Ils avaient entre temps plus ou moins disparus des stocks des libraires, et il aura finalement fallu attendre que l’éditeur accepte de se laisser fléchir par ses fans qui réclamaient, à corps et à cris, une réédition des précieux volumes, pour avoir le plaisir de les revoir dans nos rayonnages.
Mais en quoi consiste “Short Program” et surtout, est-ce que ça mérite tout ce battage ? La réponse est mille fois oui. “Short Program”, au delà du recueil de petites histoires publiées dans divers magazines de tout poils (shônen comme seinen ou shôjo), c’est un concentré du talent de l’un des plus grands et des plus populaires mangaka à avoir émergé de l’archipel ces trente dernières années, magicien de la mise en page et des comédies romantiques pas niaises qui font mouche. Si vous cherchiez un moyen de découvrir son oeuvre sans pour autant pour lancer dans ses séries ruineuses à plus d’une dizaine de volumes chacune, Short Program est le choix idéal. Les 250 pages de bonheur du mois.
A noter qu’au passage on gagne une nouvelle couv qui est celle de la réédition japonaise de 2005. Pour rappel, quatre volumes sont dispos actuellement au Japon, du premier tome édité à l’origine en 88 et qui compilait des histoires publiées entre 85 et 87 au quatrième tome Girl’s Type, édité en 2009 et où l’on retrouve d’anciennes histoires publiées à l’origine dans Shôjo Comic.
Ashita no Joe vol. 1. C’est toujours réjouissant de voir que petit à petit, et malgré le manque d’intérêt patent du grand public comme des loltaques moéphiles, des grands titres du patrimoine nippon continuent malgré tout d’arriver jusqu’à nous; on pense à Cyborg 009 de Ishinomori ou Golgo 13 de Takao Saito; ce n’était pas encore assez pour Glénat, qui continue sa leçon de courage et s’attaque maintenant à Ashita no Joe, la saga du boxeur au poing d’airain de Tetsuya Chiba et écrit par Asao Takamori, le papa de deux autres sagas mythiques : Tiger Mask et Kyojin no Hoshi.
Plus que la violence physique, ce qui laisse KO le lecteur dans le monde de Ashita no Joe c’est l’incroyable violence sociale à laquelle doivent faire face ses protagonistes; suivre dans ce volume le parcours de Joe, gosse de quartier pauvre balancé entre prison et juge, est émotionnellement âpre, mais contribue à la grande force du titre.
MPD Psycho vol. 13. Quoi de neuf au programme dans le monde merveilleux des serial-killers de Eiji Otsuka cette fois-ci ? Hé ben pas grand chose : ça complote et ça révélationne à tout vas comme d’habitude, Sasayama et Tenma, qui sont bel et bien devenus les protagonistes principaux de l’histoire, continuent leur quète de la vérité et font un pas de plus après leur rencontre avec Tetora, qui les conduira à pirater un ordi de la Gakuso. Ledit Tetora, de son côté, accepte d’exécuter une requète pour le vieux Shimizu. Derrière tout ça, un nouveau plan de la Gakuso pour prendre le contrôle du Japon est en passe d’être mis en branle, et par nulle autre que Machi, alias Wakana Isono Monostone…
Si le programme parait alléchant, dans la pratique ça ronronne un peu et aucun évenement majeur ne vient chambouler en tout sens le scénar; on sent vraiment la montée en puissance qui devrait logiquement aboutir au final de la série d’ici un ou (grand max) deux tomes, mais à part ça rien de plus, la série est clairement en train de négocier cette fin que l’on attends depuis maintenant un bout de temps, et ce n’est pas plus mal…
En effet, dans le fond MPD Psycho sera resté jusqu’au bout un trip de fin des années 90, coincé entre Seven et Marylin Manson, les conspirations à la X-Files et l’explosion de la société de l’information, Fight Club et l’esthétisme industriel/dark, le tout baignant dans cette ambiance de fin de l’histoire et de trip pré-apocalyptique fin-de-siécliste typique de ces années-là… mais qui n’est plus pertinent depuis belle lurette; de quoi se demander à quoi ça rime d’avoir prolongé le titre toutes ces années après que la fin du monde phantasmée par une décennie ne soit finalement advenue, une journée de septembre 2001.
MPD reste malgré tout l’une des plus grandes séries de Otsuka, scénariste prolifique (voir aussi et en français Leviathan, Japan, Kurosagi, Madara…); comme l’araignée sur sa toile, il ne peut s’empêcher de glisser des références à ses autres oeuvres dans tout ce qu’il touche - avec, souvent au centre de ses préoccupations, cette idée fondamentale de la transformation du Japon - ici reflété dans la chair des corps torturés.
Yona Yona Penguin (ouais, officiellement le film sort en France en 3 février, mais c’est de votre faute, z’aviez qu’à être à la présentation du film au Forum des Images)
On avais un peu perdu de vue Rintaro depuis le début du nouveau millénaire et Metropolis (et Endless Odyssey !). En fait, il était occupé à travailler dans son coin sur son nouveau projet de film et après sept années de gestation (dont cinq à peaufiner le storyboard ) c’est aujourd’hui chose faite, en partie aussi grâce au producteur Denis Friedman.
C’est Rintaro lui-même qui l’a dit : Ponya Ponya Penguin, c’est le film le plus mignon du monde, et il devrait nous être interdit à nous autres, vieux grincheux dont l’âme d’enfant s’est évaporée depuis belle lurette. Yona Yona est aussi surtout l’occasion pour Madhouse de s’entrainer à aller chasser sur les terres des grosses productions Hollywoodiennes dopées aux CGI - une expérience qui prête à sourire quand, ironiquement, un certain La princesse et la grenouille marque justement un retour en grâce de la 2D au pays de l’oncle Walt.
Reste que Yona Yona Penguin est un joli film, certes pourri de bons sentiments mais aux personnage tellement mignons ! Les fans les plus acharnés de l’oeuvre de Rintaro seront eux plus interessés par la manière dont certains tics de réalisation du grand homme ont été transposés en 3D - on pense à Manie Manie lors de l’arrivée devant le chapiteau ou encore à la sorcière de la montagne de Stanley d’Albator face à la transformation finale du grand méchant du film. Un bon divertissement où emmener le petit cousin Kevin, 6 ans et demi, par une après-midi dominicale pluvieuse.
Vampire Weekend - Contra. Ou le retour des fils à papa bien propres sur eux (rock is re-dead !) après leur coup précédent en 2008 cette fois avec Contra, l’album trendy de ce début d’année en attendant le nouveau Gorillaz en mars. Pas de surprise, Vampire Weekend reste Vampire Weekend, c’est à dire léger et vain comme un film de Wes Anderson sur la vie estudiantine de gosses de riches dans un établissement estampillé Ivy League. Un poil plus électro que leur précédent et premier album, plus carré, plus pro, toujours avec ce mélange de sons, naturels ou artificiels mais néanmoins fragiles et acidulés : cet album mérite au moins autant et même plus le détour que le précédent pour toutes les petites perles qui le parsèment. Et puisque l’ on nous dit que la pochette de l’album est la première icône des années 2010s, alors là…
Je ne reviendrait pas sur Bayonetta, dernière instance en date du beat’em all pointu à la nippone déjà tant portée aux nues par Devil May Cry et Ninja Gaiden - depuis un an qu’on se tappe le battage médiatique autours de la bastonneuse aux allures de secrétaire perverse, ça serait quand même dommage-, si ce n’est pour signaler que le disque a d’ore et déjà subi une première promo puisqu’on le trouve à 45 E en boutique. Mauvaise nouvelle pour l’éditeur puisque les ventes françaises ont été en deça des prévisions malgré des résultats mondiaux conséquents (on parle de plus de 1 million de ventes chez Sega), mais en attendant il faut brader pour se débarraser des stocks en trop - coucou Mirror’s Edge l’année dernière. Une bonne nouvelle pour les joueurs qui n’ont pas encore pu se le procurer - comme moi. Youhou !













Laissez un commentaire