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Interview : Haruhiko Mikimoto (Japan Expo 2012)

Interview : Haruhiko Mikimoto (Japan Expo 2012)
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Écrit par Tetho | Samedi 25 Août 2012 à 00h28 dans Portraits - Interviews

Mikimoto Haruhiko est pour une génération associé au chara design de surtout deux titres et pas des moindres : Macross et Gunbuster. Partant de là dans le milieu du fandom on pourrait dire qu'il a réussit sa vie. Mais il ne s'est pas contenté de ça et il a participé à divers projets en signant les chara design d'autres animés ou en réalisant une belle quantité d'illustrations pour des romans et des jeux vidéo tout en s'attaquant en 2001 à une autre licence mythique, Gundam avec notamment le manga Ecole du Ciel avant de retourner dernièrement sur la série qui l'a fait connaitre avec le manga Macross : The First. C'est donc avec enthousiasme que notre équipe a réalisé cette interview de l'un des plus fameux character designer de ces trente dernières années.

 


 

 

MIKIMOTO Haruhiko

Né le 28 aout 1959, il fait ses études supérieurs à l'université Keio à Tôkyô, où il rencontrera Kawamori Shôji et Ônogi Hiroshi, respectivement futurs créateur et scénariste de Macross. Il se fait connaitre en 1982 en réalisant le chara-design de Macross au sein du studio Nue et en assurant la direction de l'animation des personnages sur 13 épisodes de la série. Il continuera de travailler avec le Studio Nue sur Orguss puis le film de Macross puis enchainera les titres à succès pendant une dizaine d'année avec Megazone 23, Top wo Nerae! GunBuster, Gundam 0080, Macross II et Macross 7. Son style élégant, fin et détaillé est associé de très près à la production SF de ces années là.
A partir du milieu des années 90, tout en continuant une carrière très prolixe dans l'illustration comme en témoignent les nombreux artbooks à son nom, il se reconverti petit à petit vers le manga, avec des titres comme Macross 7 Trash ou Baby Birth pour ne citer que ceux sorti en France. Il travaille actuellement sur MS Gundam - Ecole du Ciel, un manga original se déroulant dans l'univers de Gundam, et Macross The First, un retelling de la série TV de Macross.

 

 

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Tetho : Merci de nous accorder cette interview. Comment avez-vous pris conscience de la différence entre Macross et le reste de la production de l'époque ?

Mikimoto : - Ce n'est pas pour vous contredire, mais pour moi, et à l'époque je pensais déjà la même chose, Macross n'est pas nouveau en soi, il est aussi nouveau, ou en tous cas confirme la nouveauté de Kidô Senshi Gundam et d'Uchû Senkan Yamato. On ne s'est pas dits à l'époque qu'on allait révolutionner quelque chose, on suivait cette mouvance, parce que pour nous, Gundam et Yamato étaient vraiment la référence. (Réfléchit) Cela dit, pour aller dans votre sens, ce que je peux dire c'est qu'il y a deux éléments nouveaux dans Macross, et qui ont eu une influence sur ce qui allait suivre. Le premier, ce sont les Valkyries, avec leurs transformations en 3 formes différentes. Le deuxième, même si dans le cadre de Macross nous ne sommes pas allés jusqu'au bout de cette idée, nous avons plus été des précurseurs, c'est le fait de penser les personnages comme indépendants, et même en faire des produits commerciaux, comme Minmay, par exemple, à travers ses chansons. Ça leur confère une vie en dehors de l'anime pour lequel ils ont été créés, et leur permet de mieux toucher le grand public.

 

Mackie : Vous avez travaillé ensuite sur d'autres anime importants, comme Top wo Nerae!. Comment cela s'est-il passé avec Hideaki Anno?

Mikimoto : Oui en fait c'était une commande et surtout avec des demandes extrêmement précises de la part du réalisateur.

Mackie : Justement, comme c'était très encadré, avez-vous aimé faire ce travail particulier?

Mikimoto : En tous cas c'est un travail que j'ai été très content de faire, qui m'a laissé de bons souvenirs, même si effectivement c'était difficile, mais aucun travail n'est facile.

 

Tetho : Réaliser ce nouveau manga Macross the First, trente ans après la série TV, qu'est-ce que ça représente pour vous?

Mikimoto : C'est quelque chose qui est assez nostalgique parce que Macross était vraiment mon premier travail important dans ma carrière. Pour l'occasion je dois me replonger dans mes dessins de l'époque, et je ne sais pas ce que les fans en pensent, mais j'ai un regard assez critique sur ce que j'ai pu faire à l'époque, parfois je me dis que j'aurais dû faire tel dessin différemment... Donc ce que j'essaie de faire avec Macross the First, c'est tout en restant fidèle à l'original, car il n'est pas question de changer l'histoire ou le concept, c'est d'essayer quand même de le faire évoluer par le dessin grâce à la maturité que j'ai acquise depuis.

 

Mackie : Vous avez un dessin très reconnaissable, vous utilisez des techniques mixtes, beaucoup de crayonnés... L'illustration, c'est quelque chose qui a toujours été important pour vous?

Mikimoto : Oui. En fait, ma vocation était de faire de l'illustration, le manga me tentait très peu. Moi, ce que j'aime, c'est dessiner, finir un dessin jusqu'à en être satisfait. Mais ce n'est pas possible avec l'animation. Et lorsque j'ai fais de l'animation, je veux dire, pas juste du chara-design mais de l'animation à proprement parler, je me suis rendu compte que je n'était pas du tout fait pour cela parce qu'il faut dessiner des centaines de fois le même personnage, et ce n'est pas ce que j'aime faire. Du coup, je n'ai pas souhaité continuer. Le manga me correspond mieux parce que ça se rapproche du résultat que je recherche, mais il faut toujours faire très attention à la lisibilité, à des tas d'éléments qui entravent la liberté du pur illustrateur, et je les fais par nécessité, par contrainte. Heureusement que j'ai des assistants, cela me permet de me concentrer sur la partie que j'aime dans mon travail : la création des personnages, en laissant aux autres ce que j'aime le moins.

 

Tetho : Vous aviez été annoncé au chara-design d'une série, Appleseed Genesis, qui n'a pu voir le jour, pouvez-vous nous parler de ce que vous aviez en projet, et peut-être de ce que vous avez réalisé à l'époque?

Mikimoto : Oui, en fait je serai assez bref, moi-même je ne sais pas ce qui s'est passé, c'est un travail de commande qui maintenant remonte à un moment, puis on m'a annoncé que c'était annulé, pour des raisons qui me sont inconnues. Et dans cette situation je n'ai pas pu en savoir plus, car je n'étais pas directement impliqué.

Mackie : Merci beaucoup. (fin de l'interview)

 

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Remerciement :
Haruhiko Mikimoto pour sa disponibilité, son traducteur, Mackie et Tetho pour les questions, Tetho pour la biographie et bien sûr et surtout, un grand merci à Emilie Hurel et Japan Expo pour avoir permis ce rare entretien.
Crédit Photos :
Paul Ozouf
Copyright :
© 1984 Big West

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